[Nécrologie] Précarisation de l’enseignant gabonais : un autre jeune enseignant d’anglais sans salaire est mort hier à 1h

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Le monde éducatif gabonais continue de perdre, chaque jour, ses acteurs. La précarité dans laquelle leur plonge l’État est l’une des raisons de ces nombreux décès. Mercky AKOUYE, professeur d’anglais appartenant à la 25e promotion d’enseignants sortis de l’Ecole Normale Supérieure, affecté sans salaire à Gamba, est mort ce 4 juin à 1h des suites d’une maladie. Sa disparition serait donc liée au fait qu’il ne pouvait se faire soigner par manque de moyens financiers.

M. Mercky AKOUYE, le professeur d’anglais affecté sans salaire à Gamba. Il est mort dans la nuit du 4 juin à 1h à Libreville.

Le ciel de la communauté éducative gabonaise en général, et celle de la ville de Ngamba, dans la province de l’ogooué Maritime, en particulier, s’est assombri hier du fait de la mort d’un des leurs.

En effet, un jeune professeur d’anglais du second degré général, M. Mercky AKOUYE, a tiré sa révérence dans la nuit du 04 juin 2022 à 1h, à Libreville.

Affecté sans salaire, ni presalaire, en décembre 2020 à Gamba, ce jeune serviteur de l’Etat avait immédiatement rejoint son lieu d’affectation, sur décision du Ministère de l’Education Nationale. Malheureusement pour lui, et beaucoup de ses collègues, il y est resté jusqu’à ce qu’il soit attaqué par la maladie, alors qu’il ne disposait toujours pas de poste budgétaire. Autrement dit, il était toujours sans salaire.

Gravement frappé par la maladie et ne pouvant malheureusement pas se faire traiter convenablement, faute d’argent,  alors que son état de santé se dégradait progressivement, M. Mercky AKOUYE avait donc été évacué sur Libreville, la capitale gabonaise, pour espérer bénéficier d’une meilleure prise en charge médicale. Mais hélas, rattrapé par la même réalité financière, il y a trouvé la mort dans la nuit du 04 juin 2022 à 01h. Ce, malgré les efforts consentis par la famille dans le but de sauver leur fils, à la mesure de leurs possibilités.

PETIT RAPPEL HISTORIQUE:

Signalons que la disparition de M. Mercky AKOUYE n’est sans doute pas la première. Elle est plutôt une de plus et une de trop dans ce pays. Au regard des informations qui nous sont parvenues, la mort prématurée de Sieur Mercky AKOUYE résulterait , en partie, du déficit financier auquel lui et sa famille auraient-ils fait face. Cela révèle donc un mal très profond quant-à la mauvaise gestion de la carrière administrative du fonctionnaire gabonais.

On a encore en mémoire le décès brutal de la jeune enseignante de philosophie, Mlle Daniella Angue , affectée elle aussi sans salaire à Mimongo. Un triste événement survenu en février 2022, suscitant ainsi l’indignation de toute la communauté nationale, et faisant couler beaucoup d’encre et de salive, mais sans véritablement mouvoir les autorités compétentes.

D’ailleurs, il convient de noter que , tout comme Mlle Daniella Angue , M. Mercky AKOUYE appartenait à la 25e promotion des enseignants de lycées et collèges sortis de l’Ecole Normale Supérieure. Ces derniers avaient été tous mis en affectations en décembre 2020, dans les mêmes conditions: sans salaire, sans BST ni MCO.

Pour un total de 400 professeurs au départ, tous affectées au même moment,  seuls 70 d’entre eux avaient vu leur cas être régularisé en 2021(presalariers); alorsque les 330 restants sont restés sans aucun traitement jusqu’à ce jour, malgré les multiples rencontres entre leurs représentants et le ministère de la Fonction Publique; et les multiples sit-ins organisés pour tenter de faire pression.

Cependant, par amour pour le métier choisi, ces jeunes compatriotes sont au service de la nation dans des conditions de précarité funeste depuis deux ans. Ils ont du mal à joindre les deux bouts. Ils survivent: « Je vous dis… c’est insupportable ce que nous vivons depuis là. Je vis aujourd’hui comme un mendiant parce que je n’ai même pas un sou en poche. Pour manger, je dois chaque soir me rentre chez ma grande-sœur à Derrière la Prison sinon je dors affamé. » nous a confié, désespérément, un de ces enseignants.

 En fait, cette unième perte en vie humaine devrait interpeller qui de droit afin de proposer une solution définitive à ce calvaire réservé aux enseignants, pourtant formés par l’État lui-même.

Tout compte fait, il en ressort qu’à ces 330 enseignants de la 25e promotion, affectés sans salaire en décembre 2020, s’ajoutent exactement 286 enseignants de la 26e promotion toujours en attente d’affectations depuis la rentrée scolaire 2021-2022. Ils sont donc au total 616 jeunes enseignants gabonais diplômés de l’Ecole Normale Supérieure qui sont toujours à la merci.

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S’il est vrai que l’argent ne peux empêcher la mort, il n’en demeure pas moins qu’ il peux la retarder. Ceci étant, cet éternel problème qui fait tant de mal à l’Ecole gabonaise, déjà souffrante du fait du sous-effectif des enseignants, mérite une attention particulière des autorités compétentes.

A.O, pour la rédaction de Éthique Média Gabon.


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