[Gabon] Syndicat : Déclaration du Syndicat des Enseignants de l’Education Nationale (SEENA) du samedi, 26 septembre 2020

[Gabon] Syndicat : Déclaration du Syndicat des Enseignants de l’Education Nationale (SEENA) du samedi, 26 septembre 2020
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En date de ce jour, samedi 26 septembre 2020, Ethiquemédiagabon.com vous livre l’intégralité de la déclaration du syndicat des enseignants de l’Education Nationale.

DÉBUT :

Déclaration du Syndicat des Enseignants de l’Education Nationale (SEENA) du samedi, 26 septembre 2020

Mesdames et Messieurs, chers Collègues, chers Enseignants!

Les sorties récurrentes du Ministre de l’Éducation Nationale, ses communications et prises de positions depuis qu’il est à la tête de ce Ministère nous plongent dans le désarroi et suscitent une pléthore d’interrogations quant au présent et à l’avenir de l’éducation dans notre pays.

Que se passe-t-il réellement dans la maison Éducation Nationale?
Et quid des Chefs d’établissement dont les noms n’ont pas été mis à la lumière du jour comme ceux de leurs compères sanctionnés irrégulièrement pour inscriptions frauduleuses?
Quelle justification donne-t-on à la non organisation des concours de l’ENI et de l’ENS?
Quelle explication donne t-on à la non régularisation de toutes les situations administratives des Enseignants qui travaillent depuis plusieurs années sans salaires ou de ceux qui attendent d’être intégrés, titularisés, avancés, reclassés après le stage ?
A quelle fin se lancent les dirigeants dans l’extension de certains établissements du premier degré outrepassant le besoin de construction de nouveaux établissements?
Quelles sont les véritables raisons du rejet des attestations de scolarité des enfants de certains personnels de l’Education Nationale au Ministère de l’Education Nationale?
Que dit le Ministre au sujet de la note circulaire n°60/MESRSTTENFC/SG/DGESN/DEP du 16 septembre 2020 du Directeur de l’Enseignement Primaire adressée aux Chefs de Circonscription Scolaire pour identification des personnels Enseignants pour susceptiblement enseigner dès la rentrée scolaire 2020-2021 dans des disciplines ciblées soit au secondaire, soit au supérieur?
Pourquoi le recensement biométrique organisé par la Fonction publique ou les documents administratifs remplis chaque année dans les établissements par les enseignants n’ont-ils pas permis de les identifier ?
Comment justifier la négligence quant à la formation véritable de ce personnel enseignant aujourd’hui et irrégulièrement sollicité?
Le gouvernement n’ayant pas à ce jour et depuis des années procédé aux reclassements, intégrations, paiement des rappels, etc. Ne serait-ce pas suicidaire de mettre en avant une pseudo rationalisation de ressources qu’on aura in fine du mal à faire basculer en respect de la grille indiciaire et du nouveau statut?
Que dire de la promesse non tenue du gouvernement de faire payer toutes les vacations avant l’organisation du baccalauréat sachant à ce jour que celles du CEP et du BEPC 2019 ne sont jusque-là pas soldées?
Le Ministre ne serait-il pas informé des quiproquos financiers dans l’organisation du baccalauréat 2020 toujours pas résolus en majorité? Que compte-t-il faire pour remédier à ces injustices de traitement et de paiement, c’est le cas du secrétariat STI BAC 2020 du Lycée Technique National OMAR BONGO (LTNOB)?
Tenant compte des décisions arbitraires et illégales prises à la tête du ministère actuellement, le ministre deviendrait-il comme bourreau ou sauveur pour l’éducation de la jeunesse du Gabon?

Pour mémoire, l’éducation est le fondement d’une société. Elle permet de bâtir un État fort où il fait bon vivre à travers une formation de qualité reçue par des citoyens chargés de participer à son éclosion. Les États développés malgré les contraintes liées à la pandémie qui secoue actuellement le monde, réaffirme leur hégémonie en pariant, ou en misant sur l’éducation, la formation, l’instruction, etc.

 L’éducation, la santé, l’alimentation, les infrastructures routières ou le logement ne devraient pas poser problème dans un pays à si petite superficie et par ailleurs immensément riche!

Certes l’éducation Nationale connaît d’innombrables problèmes depuis des décennies. Mais depuis quasiment bientôt onze ans, c’est l’immersion totale dans des eaux troubles. Des exemples patents nous restent encore en travers de la gorge avec la transformation de nombreuses écoles primaires en collèges. C’est le cas du CES du Centre, Batavéa, Nelson Mandela, pour ne citer que ceux-là. Quel est le niveau de vie de ces parents d’élèves qui n’ont eu d’autres choix que d’inscrire leurs progénitures dans des établissements privés de fortune et parfois, éloignés de leur habitation? Tout porte à croire que ceux qui dirigent ce pays et conséquemment l’Éducation Nationale sont intéressés par tout sauf par le bien-être et la formation du gabonais!

Une énième preuve du désintéressement de ces preneurs de décisions dans les problèmes qui minent l’éducation nous interpelle avec la récente note circulaire ci-dessus mentionnée adressée aux chefs de circonscription scolaire pour identification des personnels Enseignants susceptibles d’enseigner au secondaire et au supérieur très prochainement. Comment peut-on passer outre les normes de recrutement du personnel éducatif pour agir en marge des textes? Car, dans le cas par exemple du recrutement direct, un certains nombre de préalables sont pris en compte. Même s’il s’agissait de l’admission sur titres ,l’article 40 de la loi n°8/91 du 26 septembre 1991 portant statut général des fonctionnaires dispose: » L’ admission sur titres scolaires , universitaires ou professionnels ne peut-être prononcée que dans le cas où le postulant possède le diplôme ou le niveau de formation requis par les statuts particuliers ou jugé équivalent par l’autorité compétente pour être directement recruté dans le corps visé, lorsque cette possibilité est expressément prévue par les statuts particuliers », Or dans le cas d’espèces, il n’en est rien. Le gouvernement doit arrêter de piloter à vue le secteur éducation. Enseigner requiert un certain nombre d’exigences, de connaissances, de formation, de pédagogie, de sacerdoce, de dévouement, d’implication, ou de la transversalité savoir-savant, savoir-enseigner, savoir-transmettre.
Comment peut-on vouloir survoler les étapes utiles, nécessaires et bénéfiques aussi bien pour l’enseignant que pour l’apprenant? Comment peut-on ouvrir les classes de 6e ou 5e dans les écoles primaires quand nous savons que la loi n°21/2011 portant Orientation générale de L’éducation, de la Formation et de la Recherche dispose en son article 26 : » L’enseignement primaire est assuré dans des écoles subdivisées en :


cycle préparatoire appelé classe de première année ;
cycle élémentaire organisé en deux années : deuxième et troisième année;
cycle moyen organisé en deux années : quatrième et cinquième années »
d’une part et d’autre part l’article 29 de la même loi qui dispose : » L’enseignement secondaire est assuré dans les collèges et les lycées. » De plus l’article 30 de la même loi définit le collège comme un établissement d’enseignement secondaire qui accueille en classe de 6e ……..des élèves…. ALORS quel est le projet du Ministère de l’Education Nationale qui veut ouvrir les classes de 6e dans les écoles primaires et utiliser les personnels non qualifiés pour enseigner auxdits élèves ? Ce projet est illégal au regard des textes.

Et vous, chers Enseignants, ne vous laissez pas une fois de plus distraire par des charlatans qui pensent détenir des solutions toutes faites pour remédier aux problèmes récurrents dans le secteur éducation. Sachez que tout ce qui se prend comme décisions sans nous consulter, surtout lorsque cela nous concerne au plus haut point à l’exclusion de la jeunesse gabonaise, cela tend à piéger, à causer du tort plutôt qu’à faire du bien. Si ces dirigeants nourrissent le besoin de nous voir évoluer dans notre carrière d’Enseignant, qu’ils rouvrent l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI) et l’Ecole Normale Supérieure (ENS) pour nous faciliter le recyclage, l’ouverture au renforcement de nos capacités. Le reste n’est que manipulation et utilisation infructueuse de nos services.

Au regard de ce qui précède, le SEENA, ne peut et ne veut être spectateur de la mise à mort de l’éducation au Gabon..

Nous prenons de fait à témoins l’opinion nationale, et celle internationale ainsi que les organismes liés à l’éducation à la culture, à la formation, au sport et à la jeunesse du massacre qui se fait et persiste dans ce secteur au Gabon.

L’ouverture au monde nécessite des acquis solides, une base efficace dans l’éducation et la formation. Le tripatouillage, la falsification, la facilité, la tricherie n’enfonceraient que davantage ce secteur et partant notre pays. Ne changeons pas les méthodes et les règles qui ont fait leurs preuves du point de vue de l’enseignement dans notre pays et dans bien d’autres.

Le gouvernement doit arrêter de vouloir nous tromper. Ne peuvent enseigner au collège que les détenteurs d’un CAPC ou Licence, au lycée, ceux détenteurs d’un CAPES ou Master 2 professionnel conformément à la loi  20/92 fixant les statuts particuliers des fonctionnaires du secteur Éducation, Au Supérieur, ceux ayant qualité peuvent y affairer. Vouloir aller à l’encontre de ça, c’est faire preuve d’incompétence organisationnelle des choses de la cité, c’est fouler la loi aux  pieds.
Pour ce qui est de la rentrée scolaire 2020/2021, comment le gouvernement entend t-il l’organiser au moment où la pandémie à Coronavirus sévit encore ? Les mesures barrières seront-elles respectées ? Les situations administratives et tous les problèmes auxquels sont confrontés les enseignants trouveront-ils des solutions de la part du gouvernement ? Dans tous les cas, le SEENA demande à tous ses adhérents de rester mobilisés et de suivre la conduite à tenir qui sera déterminée par la CONASYSED dans les prochains jours.

En dépit des vacances syndicales, le SEENA joue toujours son rôle de veiller sur tout ce qui se passe dans le secteur éducation et dans notre pays. Nous ne pouvons garder silence sur ce qui nous interpelle.

Nous vous remercions.

Pour le SEENA
Le Secrétaire Général

Louis Patrick MOMBO


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