[Gabon] Solidarité Syndicale : Dynamique Unitaire exprime son soutien, dans sa conférence de presse, au syndicat des agents grévistes des Eaux et Forêt

[Gabon] Solidarité Syndicale : Dynamique Unitaire exprime son soutien, dans sa conférence de presse, au syndicat des agents grévistes des Eaux et Forêt
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Après le déguerpissement, avec force, des agents grévistes du Ministère des eaux et forêts, par une troupe des éléments de la gendarmerie nationale, hier mardi 1er septembre 2020, le confédération syndicale Dynamique Unitaire a exprimé son soutien à ces agents revendicateurs de leurs droits.

Sur ce, ÉthiqueMédiaGabon vous livre l’intégralité de la Conférence de presse de Dynamique Unitaire tenue ce mercredi 2 septembre 2020.

COMMUNIQUE DE PRESSE DU MERCREDI 2 SPTEMBRE 2020.

Hier mardi 1er septembre 2020 en matinée au sein du ministère des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement,  Chargé du Plan Climat et du Plan d’Affectation des Terres, le directeur de Cabinet, sur instructions de son Ministre Monsieur Lee WHITE, a fait intervenir les forces de gendarmerie pour mater et faire déguerpir les travailleurs en grève qui y manifestent quotidiennement et pacifiquement depuis le début du mois d’août dernier, à l’appel du Syndicat National des Personnels des Eaux et Forêts (SYNAPEF) et du Syndicat National des Gestionnaires des Ressources Naturelles (SYNAGREN). En effet, après l’échec des négociations avec le ministre, ces deux syndicats ont légitimement décidé de la reprise de la grève, pour revendiquer entre autres :
l’annulation des nominations illégales des Directeurs Généraux au sein de leur ministère ;

le paiement des arriérés des primes suspendues illégalement depuis 2014 par la tutelle, alors que ces avantages financiers spécifiques figurent toujours dans toutes les lois de finances et dans le Compte du ministère logé au Trésor ;

la régularisation des situations administratives et financières des cinq(5) promotions sorties de l’Ecole Nationale des Eaux et Forêt (ENEF) depuis 2013, actuellement sans postes budgétaires, c’est-à-dire sans salaires.

Pour la gouverne du monsieur Lee WHITE qui souffre d’incurie évidente et de récidive en matière de violation de la loi contre les travailleurs du ministère dont il a la charge, la liberté syndicale, et par-là le droit de grève, est garantie par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, ratifiée par le Gabon et reprise en préambule de la Constitution, qui stipule à son article 23 alinéa 4 que : « Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts » ; ainsi que par la Charte nationale des Libertés de 1990 qui, à son article 4 « Confirme notamment le Droit de grève et le Droit de créer des Associations à caractère politique et syndical. ».

De plus, la liberté syndicale est inscrite en lettres d’or à l’article 1er alinéa 13 de la Constitution comme suit : « Le droit de former des associations, des partis ou formations politiques, des syndicats, des sociétés, des établissements d’intérêt social ainsi que des communautés religieuses, est garanti à tous dans les conditions fixées par la loi ».

C’est sur la base de toutes ces dispositions sus citées, que le législateur a délibéré et adopté la Loi n° 18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et le fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat qui à son article 18 ci-après confère la légalité aux manifestations pacifiques des travailleurs grévistes sur leur lieu de travail depuis le début du mois d’août dernier :
« Est qualifié de grève, tout arrêt collectif et concerté de travail, tout comportement collectif de nature à perturber le fonctionnement normal d’un service, décidé pour défendre une revendication professionnelle. »

De plus, le droit à la liberté de réunion est garanti aux termes de l’article 11 de la charte africaine et de l’article 8 de la charte africaine des droits et du bien être de l’enfant; de l’ article 20.1 de la Déclaration Universelle des Droits de L’Homme (DUDH), l’article 21 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques, l’article 15 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Également l’article 94 des « lignes Directrices sur la Liberté d’association et de Réunion en Afrique » dispose :  » Les États sont appelés à assurer à tout rassemblement ,public et privé, la protection nécessaire contre les tentatives de perturbation,les actes de harcèlement , d’intimidations et les agressions de la part de tierces parties et d’acteurs non étatiques ».

A la lumière du droit et des faits, qu’est-ce qui justifie alors l’usage disproportionné de la force publique et la violence inouïe par le ministre Lee WHITE contre les travailleurs grévistes pacifistes, si ce n’est son incompétence et son refus de résoudre les revendications posées par les syndicats sur son bureau depuis plus d’un an déjà ?

Au sortir des scènes d’affrontement de ce mardi 1er septembre, au cours desquelles l’usage disproportionné de tirs de lacrymogènes, de matraques et de violences physiques des gendarmes a fait une dizaine de blessés parmi les grévistes, Dynamique Unitaire tient à exprimer son désarroi et condamne avec vigueur cette énième atteinte aux libertés et droits syndicaux par le ministre Lee WHITE qui viole par la même occasion l’article 56 de la loi no001/2005 du 4 février 2005, portant statut général de la Fonction publique qui dispose :

 » Tout agent public a droit , selon l’administration dont il relève , à la protection de l’État, de la collectivité locale ou de l’organisme public personnalisé contre les menaces ,les agressions, les outrages,les injures ou diffamations dont il est l’objet dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.

A ce titre, l’État , la collectivité locale ou l’organisme public personnalisé concerné est tenu à réparation du préjudice qui pourrait résulter des menaces, agressions physiques, outrages , injures ou diffamations. Dans ce cas, L’Etat , la collectivité locale ou l’organisme public personnalisé concerné est subrogé dans les droits de l’agent. De même, L’Etat , la collectivité locale ou l’organisme public personnalisé concerné est civilement responsable des conséquences dommageables des actes commis par leur agent dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, sous réserve d’une action récursoire en de faute personnelle. »
Dynamique Unitaire apporte son soutien total aux grévistes du ministère des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, dans leur lutte pour le triomphe de la loi et la satisfaction de leurs revendications. A cet effet, Dynamique Unitaire appelle tous les travailleurs dudit ministère à s’unir pour amplifier le mouvement de grève, car c’est par la solidarité et la détermination que le syndicalisme obtient ses plus grandes victoires sociales.

Dynamique Unitaire encourage le SYNAPEF et le SYNAGREN à ester en justice monsieur Lee WHITE et à exiger son départ du ministère des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement. Dynamique Unitaire exige la réparation des préjudices multiformes subis par les agents des eaux et forêts .

Dynamique Unitaire demande au Premier Ministre de clarifier sa position face de tels agissements contre les grévistes qui flouent les principes du dialogue social.

Dynamique Unitaire appelle à la prise de conscience des leaders syndicaux de tous bords afin de trouver une stratégie qui conduira les travailleurs à faire face aux violences perpétrées par les forces de l’ordre contre le droit syndical.

Enfin, Dynamique Unitaire est attachée aux valeurs de liberté, de dignité et de justice et de ce fait, interpelle les organisations non gouvernementales internationales, notamment The Wildlife Conservation Society (WCS) et The World Wildlife Fund (WWF), sur les dérives récurrentes du ministre Lee WHITE qui viole sans cesse les droits de l’homme, puisqu’il s’attaque aux droits syndicaux. Le soutien à la préservation de l’environnement ne doit s’accommoder avec le comportement des Etats qui violent la Convention n°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dont l’article 11 dispose que «Tout Membre de l’Organisation internationale du Travail pour lequel la présente convention est en vigueur s’engage à prendre toutes mesures nécessaires et appropriées en vue d’assurer aux travailleurs et aux employeurs le libre exercice du droit syndical. »

Je vous remercie.
Pour le Bureau Confédéral,
Le Vice-Président chargé de l’action revendicative et de la négociation,

Roger ONDO ABESSOLO

© Éthique Média Gabon


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