[Éducation] Gabon: 286 jeunes enseignants gabonais croupissent dans la misère depuis la fin de leur formation

[Éducation] Gabon: 286 jeunes enseignants gabonais croupissent dans la misère depuis la fin de leur formation
L'entrée principale de l'ENS_ École Normale Supérieure- du Gabon
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Ils sont au total 286 jeunes enseignants, gabonais, des lycées et collèges de l’enseignement général. Ils  appartiennent tous à la 26e promotion des enseignants sortis de l’École Normale Supérieure(ENS) et sont toujours, malheureusement, en attente d’ affectations. Ce, depuis le début de la rentrée scolaire 2021-2022. Une situation qui pourrait être dûe à la lenteur administrative de notre pays mais, qui plonge ces jeunes diplômés dans la misère.

Des lauréats à la cérémonie de remise de diplômes à l’amphithéâtre de l’ENSET ; le major de promotion à droite de la photo en toge grise, le 30 novembre 2021. ©RD.EMG

On se souviendra du 30 novembre 2022, date à laquelle l’Ecole Normale Supérieure a renoué avec l’organisation de la cérémonie de remise officielle des parchemins pour sa 26e promotion d’enseignants de lycées et collèges.

Ils étaient au total 286 professeurs, toutes disciplines confondues, à être honorés lors de cette cérémonie, d’ailleurs tenue sous le regard de M. Théodore KOUMBA, Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique , et de l’Éducation Nationale, chargé de la Formation Civique d’alors, représentant M. le Ministre Pr Patrick MOUNGUIAMA DAOUDA.

De novembre 2021 à juin 2022, cela fait exactement sept (7) mois, soit quasiment une année scolaire, que ces enseignants certifiés sont dans une attente interminable de leurs affectations, en dépit des multiples rencontres initiées avec le ministère de tutelle.

Il est à noter que, d’après les rapports de ces différentes discussions, rien ne semble leur procurer une lueur d’espoir, quant à l’avancement de leurs situations administratives. Pourtant, leur souhait est simple, estiment-ils : se mettre au service de leur nation, après une longue et passionnante période de formation de trois (3) ans pour certains, cinq (5) ans pour d’autres.

En effet, ce serait à cause de la «nouvelle donne », selon laquelle l’État ne procéderait plus aux affectations des agents publics sans mise en solde au préalable, que la misère de ces jeunes compatriotes enseignants pourrait s’étendre jusqu’en octobre 2023.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, ils s’indignent de la lenteur administrative et de la négligence avec laquelle leur cas est traité: « Personnellement, ces hommes qui ne savent rien de la misère que nous traversons ne sont pas du tout crédibles à mes yeux. Ils disent une chose, mais ils se fichent bien de penser que nous passons des moments compliqués. 286 fiches à signer, ce n’est pas la mèr à boire lorsque l’on sait qu’une parole donnée se doit d’être tenue. » s’est exprimé un des leurs au cours de notre entretien.

Visiblement, ces jeunes enseignants côtoient la précarité au quotidien au point où, plusieurs d’entre eux peinent à se soigner, et à se nourrir convenablement, allant jusqu’à en perdre la vie.

PETIT RAPPEL DES TEXTES RÉGLEMENTAIRES :

L’article 76 du rapport des États généraux de l’éducation des 17 et 18 mai 2010 que tout apprenant admis en formation initiale à l’ENS acquiert le statut d’agent public permanent stagiaire dès le début de la deuxième année académique.

Autrement dit, l’organisation du concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure et la gestion de la carrière des sortants école obéissent à une réglementation rigoureuse en vigueur.

De facto, le processus d’intégration à la fonction publique des élèves-professeurs admis à l’École Normale Supérieure est supposé être amorcé dès le début de leur formation. Il est donc intriguant de constater que ces derniers chôment autant à leur sortie de l’école, sachant par ailleurs que l’École gabonaise connait un déficit criard d’ enseignants depuis de nombreuses décennies.

Au regard du mauvais traitement réservé à cette promotion d’enseignants, des interrogations pertinentes surgissent: puisque les grandes vacances se pointent déjà à l’horizon, ces enseignants pourraient-ils vraiment être déployés sur le territoire national dès la rentrée scolaire prochaine ou devront-ils encore attendre celle de 2023-2024 ? Si tel est le cas, qu’en sera-t-il de la future 27e promotion déjà quasiment au terme de sa formation ? Devra-t-elle aussi ronger son frein pendant une (1) à deux (2) années pour espérer une mise en affectation ?

À vrai dire, tout ceci devrait être largement suffisant pour que les différents départements ministériels engagés dans le processus de résolution de cette crise prennent le taureau par les cornes. Car, après tout, c’est le pays qui en soiffre.

A.O, pour la rédaction de Ethnique Média Gabon.


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