[Analyse] Politique : Nominations aux postes de responsabilité au Gabon, comment se font-elles ?

[Analyse] Politique : Nominations aux postes de responsabilité au Gabon, comment se font-elles ?
Ali Bongo Ondimba et sa première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda
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Les différents conseils de Ministres qui se font au Gabon, accordent une place essentielle aux mesures individuelles dont les nominations de plusieurs cadres de la République à des postes de responsabilité. Seulement, à l’observation de ce qui est fait, on est souvent tenté de se poser un certain nombre de questions, qui pourraient conduire à la compréhension du comment sont-elles préparées et faites, ces promotions, avant d’être rendues public. Ce, consécutivement aux nombreux refus dont font foi plusieurs de ces compatriotes que l’exécutif tente de promouvoir.

Ali Bongo Ondimba et, sa première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda

Le cas le plus récent et faisant allusion à la problématique sus-évoquée est celui se rapportant à la nomination d’un syndicaliste, membre de l’équipe dirigeante de la FESEENA, la CONASYSED et de Dynamique Unitaire, porté à la tête de la Direction de l’évaluation et de la prospective au sein du ministère de l’Education Nationale.

Alain Mouangadi, SG FESEENA ; VP Dynamique Unitaire et membre de la CONASYSED

En effet,  sieur Alain Mouangadi a été nommé le 17 décembre lors du dernier conseil des ministres, comme directeur à l’évaluation et à la prospective à l’éducation nationale. Une nomination qu’il refusera catégoriquement en ces termes : « Chers camarades, chers collègues tout en remerciant les autorités pour l’intérêt qu’ils portent à ma modeste personne, je tiens de manière solennelle à vous informer que je décline cette nomination. », à t-il déclaré.

Comme motivations de son refus d’accepter ce poste, le promu a évoqué, entre autres, son attachement à la lutte et au combat syndicale qu’il mène actuellement avec des organisations des travailleurs dont il est membre.

Alain Mouagouadi en refusant cette nomination, bien qu’en toute courtoisie, met en claire la problématique sur la méthode utilisée par les pouvoirs publics pour promouvoir des cadres, surtout quand s’agit-il des nominations d’une certaine catégorie de citoyens, notamment ceux ayant une casquette politique pouvant faire ombrage au système en place d’une part. D’autre, on peut citer des citoyens, peut être non politiques, mais luttant pour l’équilibre de la société, pour le respect des droits du plus grand nombre. C’est le cas de certains membres de la société civile et des représentants des corporations des travailleurs, comme récemment avec le cas Alain Mouagouadi de l’éducation nationale qui, sans trop réfléchir, a décliné la promotion.

Pourquoi en arrive donc t-on à ce stade? Au niveau où l’exécutif semble se faire humilier par des citoyens qui tournent le dos à la perche qu’elle leur tend?

Sont-ils(les promus), souvent, préalablement consultés pour accord, où, serait-ce une malice usitée par le sommet pour se détourner de ses obligations en semant la discorde au sein des groupes d’intérêts pour, par exemple, désamorcer des grèves et sauter des obstacles?

Pour mieux le comprendre, posons-nous la question de savoir ce qui se serait passé si Alain Mouangadi avait accepté cette nomination. En tant que vice président de Dynamique Unitaire, Secrétaire général de la Fédération syndicale des enseignants de l’éducation nationale (FESEENA) et Délégué national aux relations Extérieurs de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED), fonction qui seraient incompatibles avec une quelconque nomination, le nommé dans la haute administration serait une manie du gouvernement d’affaiblir la lutte syndicale, avec la grève SENA / CONASYSED qui demeure d’actualité malgré les vacances ?

Dans le même ordre d’idée, il est à noter que Alain Mouagouadi n’en est pas le premier, plusieurs autres citoyens gabonais l’ont fait auparavant. On se souviendra du cas , Mvou Ossialas, des régies financières, qui avait lui aussi été nommé comme conseiller du directeur général de l’Institut Gabonais de l’image et du Son(IGIS), alors que sa corporation étant en grève. Dans sa posture de leader syndicale de ce secteur, Mvou Ossialas avait sans doute décliné sa nomination.

Mvou Ossialas, un des leaders du secteur des régies financières du Gabon

Ce sont donc là, des fait réels qui suscitent tant d’interrogations autour de la méthode utilisée par les dirigeants pour nommer des citoyens dans l’administration publique. Pour mieux faire, ces derniers gagneraient en procédant aux consultations préalablement des pressentis, peu importe leurs bords politiques, leurs obédiences etc. Cela serait mieux qu’une humiliation intelligente d’un cadre qui balais d’un revers de la main une promotion « piégée » que lui ferait l’exécutif.

Cependant, Alain Mouagouadi tout comme ses prédécesseurs ont-ils jusqu’ici pris la bonne décision ?

À chacun de se donner sa propre réponse en s’auto-examinant. Que auriez-vous fait à la place de tout ceux qui ont déjà refusé une promotion dans ce pays où beaucoup en veulent ?

CWO.


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Journaliste

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